DÉNOMINATION DES PLANTES
1-Difficultés d'identification
Les jardins marocains comptent, aujourd'hui, près d'un millier de plantes ornementales qui ornent les espaces interstitiels de nos cités. Leur identification ne manque pas de soulever de sérieuses difficultés, dus à des considérations suivantes :
Les flores disponibles ignorent les plantes introduites. Elles s'intéressent surtout aux espèces naturelles.
L'absence d'herbier de référence ou de comparaison.
L'absence de flores ou manuel botanique des pays d'origines.
Modifications morphologiques et physiologiques engendrées par l'acclimation et la mise en culture des plantes.
L'hybridation des plantes cultivées fait apparaître des caractères nouveaux.
2- Règles de nomenclature
Les langues courantes donnent des noms généraux englobant souvent des espèces différentes.
Exemple : laurier
Laurier rose (Nerium oleander) - Apocynacées
Laurier sauce (Laurus nobilis) - Lauracées
Laurier cerise (Prunus laurocerosus) - rosacées
Laurier tin (Viburnum tinus) - Caprifoliacées
L'usage du latin, admis universellement, est un garant de compréhension.
Ainsi chaque espèce sera désignée par deux noms : c'est la nomenclature binominale, inventée par Linné, en 1753.
La dénomination des plantes comporte :
Un nom du genre qui prend une initiale majuscule
Un nom de l'espèce le plus souvent un adjectif qui, lui, prend généralement une initiale minuscule.
Exemple : Arundo donax
Dans certains cas s'ajoute le nom de la variété (var) ou du cultivar (C.V.).
Exemple : Arundo donax 'Variegata'
Les noms botaniques nous apprennent beaucoup de choses sur les plantes auxquelles ils sont appliqués. Ils peuvent nous renseigner sur :
Une caractéristique morphologique visible.
Exemples :
Iochroma grandiflora : à grandes fleurs
Robinia hispida : Robinier hispide (couvert de poils)
Ligustrum ovalifolia : à feuilles ovales
Phynosia umbellata : à inflorescence en ombelle
Une origine géographique.
Exemples :
Tamarix africana : Tamaris d'Afrique
Pyrus mamorensis : Poirier de la Maamora
Ligustrum japonicum : Troène du Japon
Wisteria chinensis : Glycine de Chine
Un nom de botaniste célèbre.
Exemple :
Pinus Benthamiana : Benthami
Un nom vernaculaire.
Exemple :
Ficus nekbudu
Pour éviter toute confusion il est utile d'indiquer (en abrégé) après le nom de l'espèce, celui de l'auteur qui l'a décrit.
Exemple : Phoenix dactylifera L. (décrit par Linné)
Lorsqu'une espèce se trouve décrite par des auteurs différents, qui lui ont attribué des noms différents, le nom le plus anciennement publié l'emporte et les autres, postérieurs sont considérés comme des synonymes (règle de priorité).
Exemple : Duranta repens L (décrit par linné en 1753) l'emporte sur
Duranta plumieri Jaq (décrit par Jaquin en 1800).
Les variétés sont indiquées par des dénominations spéciales.
Exemple :
Iris tangitana var fantanesi (var naturelle)
Ficus elastica 'Decora' (var. résultantes d'une pratique culturelle)
Les hybrides sont indiqués par une croix (X) placée devant le nom du genre (hybride inter générique) ou devant le nom de l'espèce (hybride interspécifique).
Exemple :
fatshedera x lezei : hybride issu de croisement entre le genre Fatsia et le genre Hedera.
Plantanus x acerifolia : issu des deux espèces de platane (P. orientalis et P. occidentalis)
Les noms du genre, d'espèce et de variété sont soulignés ou écrit en italique.

Enregistrer un commentaire